Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 09:37

 

 

 

 

Mots clés : crèche, voile, laïcité, FRANCE, Chanteloup-les-Vignes, Jeannette Bougrab, Halde, Baby Loup

 

 

Le service juridique de l'institution a rendu mardi un avis favorable à une salariée voilée licenciée par cette crèche associative des Yvelines. Il contredit ainsi sa présidente Jeannette Bougrab, qui avait défendu la veille le principe de laïcité.

Dans l'affaire Baby Loup, deux voix se font entendre à la Halde. Le service juridique de la Haute autorité de lutte contre les discriminations a produit mardi, selon Le Monde, une note favorable à la salariée licenciée en 2008 par cette crèche associative de Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, au motif qu'elle souhaitait porter le voile au travail. Cet avis désavoue la présidente de la Halde en personne, Jeannette Bougrab, qui avait pris lundi le parti de l'établissement.

La note du service juridique, indique le quotidien, juge que la crèche Baby Loup «relève du droit privé» et «ne peut être considérée une ‘association transparente', une association créée par une collectivité pour endosser des missions de service public». Les juristes «rappellent que la création de Baby Loup résulte d'une initiative privée, qu'aucun moyen matériel ou humain n'est mis à sa disposition par la mairie et que, même si les subventions des collectivités locales et de la CAF représente plus de la moitié de ses ressources, il s'agit là de sommes correspondant au mécanisme habituel de financement des crèches». Ce qui induit que la crèche n'est pas soumise au principe de laïcité auquel doit se plier tout organisme dépendant de l'État.

 

«L'option philosophique de la laïcité»

Cette note vient confirmer l'avis rendu en mars par la Halde dans cette affaire, déjà favorable à la salariée. Celle-ci avait fait part en 2008 à la directrice de la crèche de sa volonté de porter le voile. Or, au nom du principe de «neutralité», le règlement intérieur de la structure interdit le port de signes religieux.

Mais en avril, Jeannette Bougrab prend la tête de la Halde. Et quelques mois plus tard, en octobre, elle contredit l'avis de l'institution en annonçant un réexamen du cas. Pour elle, ce dossier ne soulève «pas une question administrative ou de procédure mais porte sur un principe fondamental de notre République qui est la laïcité». Une position qu'elle a réitérée lundi, en marge de l'audience du conseil des prud'hommes, à laquelle elle a assisté. «Il n'y a pas de raison que la laïcité soit moins bien protégée que la liberté religieuse, ce sont deux principes de valeur constitutionnelle», a-t-elle alors déclaré, défendant la possibilité pour la crèche incriminée de choisir «l'option philosophique de la laïcité».

Contactée par l'agence France-Presse, la Haute autorité de lutte contre les discriminations a indiqué que Jeannette Bougrab allait adresser une mise au point au Monde. Le jugement de cette affaire a été mis lundi en délibéré au 13 décembre.

 

 

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Par Emin Zola
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 13:42

INTERDICTION | Les deux pays sont en passe d’adopter une loi condamnant le voile intégral. Un premier vote a déjà eu lieu à Bruxelles. A Paris, un texte sera soumis au parlement d’ici à juillet. Un exemple à suivre? «Surtout pas!» répondent en chœur musulmans progressistes et défenseurs des droits de l’homme.

© EPA/2010 | La burqa fait débat en Belgique et en France, deux pays en train de légiférer pour son interdiction.


ANDRÉS ALLEMAND | 01.05.2010 | 00:03

Qui dit mieux? Une amende de 150 euros pour Madame, qui se voile la face dans l’espace public. Dix fois plus pour Monsieur, coupable du délit d’«instigation à dissimuler son visage». Et surtout: un an de prison, pour atteinte à la dignité de la personne. Tel serait, si l’on en croit le Figaro d’hier, le dispositif prévu dans le projet de loi français qui doit être examiné le 19 mai par le Conseil des ministres. Et soumis au parlement d’ici à juillet.

La Belgique, elle, a pris un temps d’avance jeudi soir. Malgré le chaos institutionnel qui a suivi la démission du premier ministre, la Chambre des représentants a approuvé massivement un texte interdisant, en public, le port de tout vêtement qui masque ou dissimule le visage. Pour autant, le Plat Pays n’est pas sûr d’être le premier Etat d’Europe à adopter une telle mesure. Le projet de loi doit encore recevoir l’aval du Sénat. Or, les deux Chambres du parlement pourraient être dissoutes prochainement. Le texte serait alors rendu caduc.

Côté français, le chemin est également parsemé d’obstacles. Il semble clair que pour les «Sages» du Conseil d’Etat, il n’y a pas de fondements juridiques solides justifiant une interdiction du voile intégral. Leur avis n’est que consultatif, mais si le texte est adopté par les élus, un parti pourrait saisir le Conseil constitutionnel. Et obtenir l’annulation de la loi. Bref, ce n’est pas gagné.

Il n’empêche que l’élan donné par ces deux pays inquiète même les musulmans progressistes et les défenseurs des droits de l’homme. «Je suis contre la burqa. Et je trouve légitime que la société définisse un cadre et des principes. Mais en popularisant les droits fondamentaux, pas en distribuant des amendes! Les sanctions sont contre-productives», estime Saïda Keller-Messahli, qui préside à Zurich le Forum pour un islam progressiste. «On veut punir des femmes soumises qui portent le voile intégral. Ces épouses n’accuseront pas leurs maris, elles en sont dépendantes.»

«Résultat: ces femmes resteront cloîtrées chez elles», assène à Lausanne Manon Schick, porte-parole d’Amnesty International. «Rien n’empêche bien sûr de légiférer, par exemple pour que la police puisse exiger des femmes qu’elles lèvent leur voile lors des contrôles d’identité. Mais interdire purement et simplement un vêtement qu’elles disent porter par conviction religieuse, c’est stigmatiser l’islam. D’ailleurs, c’est curieux, on les entend moins, ceux qui prêchent l’interdiction, quand il s’agit par exemple de secourir des victimes de violences!»

«On veut punir
des femmes soumises. Ces épouses n’accuseront pas leurs maris, elles
en sont dépendantes »SAÏDA KELLER-MESSAHLI

 

http://www.tdg.ch/actu/monde/france-belgique-arrachent-burqa-2010-04-30

Par Emin Zola
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 13:28

Le catholicisme fondamentaliste et l'extrême-droite française

Le documentaire "A l'extrême-droite du Père" de France2 lève le voile sur les liens qui unissent un groupuscule d'extrême-droite radicale et certains milieux de l'Eglise traditionaliste.
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Photo : image tirée du reportage
Des membres du mouvement politique Dies Irae en réunion secrète.
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Photo : image tirée du reportage

Quelle est la différence entre un mouvement qui revendique une défense vigoureuse de la culture et des racines identitaires locales, mais sans prôner la violence, et un mouvement qui sous-couvert de ces objectifs, cache l'obscur désire totalitaire d'éliminer ceux et celles qu'il n'aime pas? Afin d'éviter l'amalgame, on prendra comme point de départ une définition d'extrême-droite minimaliste. Ce qu'on entend par là dans cet article, ce sont des mouvements qui prônent l'assassinat de l'Etat démocratique et le retour à une vision totalitaire de la nation dans lequel s'inscrit le meurtre pour des raisons religieuses ou racistes.

L'émission Les infiltrés de France2, révèle la face cachée d'un groupuscule d'extrême droite français, qu'on pourrait qualifier de néo-nazi ou néo-fasciste, faute d'appellation claire en la matière. Ouvertement anti-démocrate, anti-républicain, antisémite, anti-arabe, homophobe, le mouvement rêve de renverser l'ordre établi pour y asseoir sa conception du monde. Soutenu par un clergé local de la branche des traditionalistes, on découvre avec stupéfaction que le fondamentalisme religieux catholique fait bon ménage avec ces nouveaux fascistes.

Le groupuscule d'extrême droite a pris pour nom Dies Irae, qui signifie littéralement "Jour de colère". Ce terme fait référence à une partie de la liturgie catholique en latin concernant les défunts. Or, dans les années soixante, l'Eglise, qui souhaitait se moderniser, a supprimé les messes en latin. Le Dies Irae a donc disparu du rite ordinaire de la messe romaine.
Quant aux traditionalistes, ils sont nés du refus de suivre l'Eglise dans son évolution contemporaine. On les appelle également les lefebvristes, du nom de l'évêque qui a pris la tête de ce mouvement réactionnaire.

On comprend mieux désormais le lien qui unit les membres du mouvement révolutionnaire Dies Irae et certaines paroisses catholiques intégristes: la colère divine. Cela rappelle, qu'il fût un temps où la politique et la religion marchaient main dans la main, pas toujours pour le bien-être et l'épanouissement de la société civile.

Plus inquiétant encore, durant les 5 mois qu'a duré l'enquête, le documentaire retrace le rôle joué par une paroisse de Bordeaux dans l'enseignement d'enfants confié à un système scolaire privé, totalement subversif. Au programme: révisionnisme, négationnisme, histoire revisitée, interprétée à souhait. Les enfants sont conformes à la vérité de leurs parents et du corps enseignant de l'établissement. Ils tiennent des propos extrêmement violents et racistes. De vrais futurs aryens, endoctrinés dans un milieu qui ressemble étrangement à ce qu'on décrit en parlant de l'univers des sectes religieuses.

Le reportage a suscité de nombreuses réactions sur le forum de la chaîne. Des internautes catholiques pratiquants ou enseignants de collèges catholiques ont dénoncé les amalgames entre ces groupuscules et l'ensemble des catholiques traditionalistes. Un autre internaute, de confession musulmane, faisait remarquer suite au débat d'après émission, que lorsqu'on évoque l'extrémisme religieux en lien avec la religion catholique, on apporte les nuances nécessaires pour éviter les raccourcis. En revanche, les pratiquants de l'Islam sont tous mis à la même enseigne, sans distinction possible entre les intégristes et la grande masse de croyants.

Sur fond de tensions communautaires, ce documentaire a le mérite de pointer du doigt la résurgence de formes ultra-nationalistes et de l'intégrisme religieux dans nos sociétés modernes. Selon Taslima Nasreen, dissidente bangladaise en exil et qui lutte pour l'émancipation des femmes dans la religion musulmane, "le conflit n'est pas entre le christianisme et l'islam, il est entre la laïcité et le fondamentalisme, entre les croyances irrationnelles, aveugles et la raison, entre le passé et le futur." Dans ce sens, toute forme d'intégrisme religieux quel qu'il soit, représente une menace pour la démocratie et doit être combattu.

(ag)

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http://www.dailymotion.com/video/xd3rlk_les-infiltres-a-l-extreme-droite-du_news

 

 


La mouvance catholique traditionnaliste bordelaise, mise en cause dans le reportage des Infiltrés sur France 2, a été attaquée ce week-end : la vitrine d'une librairie traditionnaliste a été cassée, et des croix gammées ont été découvertes sur la maison de Thomas Rivière, le directeur de l'école catholique hors contrat Saint-Projet, dans laquelle on voit des jeunes enfants chanter des chants nazis.

Croix gammées, caillassage. Le milieu intégriste bordelais a été pris à parti ce week-end à Bordeaux, six jours après la diffusion du reportage des Infiltrés, "à la droite du père", selon le quotidien Sud-Ouest. Ce reportage, produit par l'agence Capa, montre les agissements d'un groupuscule d'extrême droite, Dies Irae, dirigé par un ancien militant du Front national, et fait un lien avec le milieu catholique intégriste, représenté à Bordeaux par l'Institut du Bon pasteur, dirigé par l'abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l'église traditionaliste parisienne Saint-Nicolas du Chardonnet.

librairie integriste

 

Des pavés ont été lancés sur la vitrine d'une librairie spécialisée dans les ouvrages traditionnalistes. Les auteurs présumés, deux jeunes âgés de 25 et 27 ans, ont été interpellés dimanche à Bordeaux.

 

picto La devanture de la librairie traditionnaliste (Photo Sud Ouest)

 

Des croix gammées et des sigles SS ont également été inscrits à la peinture noire sur les murs de la maison de Thomas Rivière, directeur de l'école hors-contrat Saint-Projet, que le reportage présente comme étant proche de l'Abbé Laguérie.

 

Dans cet établissement, on pouvait voir un enseignant faire un cours révisionniste, et des jeunes chanter des chants nazis. Thomas Rivière, à l'origine de cette école, s'est estimé piégé par le journaliste et a condamné ces propos racistes et antisémites.

Des croix gammées ont été dessinées, ce week-end, sur la maison du directeur de l'école traditionnaliste Saint Projetpicto

Bordeaux-intégristes-croix gammées

 

Le bar associatif du groupuscule d'extrême droite, Dies Irae, a également fait l'objet de tags. Des autocollants d'un groupe anarchiste ont été apposés également sur la devanture.

La Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) a été saisie par le parquet. L'enquête pourrait s'orienter vers la mouvance d'extrême gauche, selon Sud Ouest, même si toute autre piste n'est pas exclue.

Par ailleurs, le parquet de Bordeaux avait ouvert jeudi dernier "une enquête préliminaire" contre l'extrême droite bordelaise, suite à la diffusion du reportage, qui montrait des propos et des agissements "susceptibles d'incriminations pénales".

Par Emin Zola
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 13:19

Brice Hortefeux devant le juge
15 Avril 2010 - Page : 24
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Du souci pour le ministre

Deux déclarations qualifiées par le Mrap de racistes, valent au ministre français de l’Intérieur de comparaître devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Les propos «racistes» tenus par le ministre français de l’Intérieur, Brice Horte-feux, à l’encontre d’un militant maghrébin de l’UMP, ne sont pas passés sous silence. Six mois après l’incident, la justice convoque le ministre de la République.
Ainsi, Brice Hortefeux comparaîtra demain devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris à la suite d’une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Il est poursuivi pour «injure à caractère raciste».
Les faits remontent au mois de septembre dernier, à l’occasion de la tenue, à Seignosse dans les Landes, de l’université d’été de l’UMP, parti du président français Nicolas Sarkozy.
En présence de Jean-François Copé, président du groupe parlementaire de l’Union pour la majorité présidentielle, un jeune homme, membre de l’UMP, Amine Brouch-Benalia, avait ce jour-là été présenté à Hortefeux pour se faire prendre en photo. A l’heure de la prise de vue, un militant s’écrie: «Ça, c’est l’intégration!», une voix de femme retentit: «C’est notre petit Arabe», puis elle ajoute: «Il est catholique. Il mange du cochon et boit de la bière.» Ces déclarations ont ouvert la voie au ministre qui enchaîne à son tour. «Il ne correspond pas du tout au prototype». Au nom de ses statuts, le Mrap considère qu’une telle déclaration renvoie les personnes d’origine arabe à des modèles fabriqués sur «prototype».
L’autre déclaration qui vaut à Hortefeux de comparaître devant le tribunal correctionnel est le fait de poursuivre ainsi: «Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup que cela pose des problèmes.» Cette expression utilisée par M.Hortefeux «exclut», note le Mrap, «de fait, les personnes d’origine arabe du pacte social et du Vivre-ensemble». Cette ONG sera représentée par Me Pierre Mairat, qui est chargé du dossier. Par la même occasion, le Mrap dénonce les nombreuses «attaques racistes» qui prédominent l’actualité française.
Pour le Mrap, il est urgent de sortir de cette obsession des origines, de l’appartenance «ethnique» et des «identités» prétendument figées, pour donner à chaque être humain sa valeur propre. «L’obsession des origines marque, actuellement, fréquemment l’actualité politique en France.
Après les propos de Nadine Morano sur "le jeune musulman", de Gérard Longuet sur Malek Boutih qui ne serait pas issu du "corps traditionnel français" ou encore du maire FN de Neuffontaines en Bourgogne -: "Quelqu’un qui s’appelle Mohammed n’est pas Bourgui-gnon."-, on peut considérer que tout ceci est révélateur d’une terrible réalité: l’incapacité, pour la classe politique, de considérer ces jeunes Français comme des Français à part entière
». Ce n’est pas la première déroute du ministre.
En 2009, il s’est attaqué à Fadéla Amara. «Comme ce n’est pas forcément évident, je le précise, que Amara soit une compatriote», avait-il dit. La secrétaire d’Etat à la Ville aurait depuis, passé l’éponge. Solidarité gouvernementale oblige.
Quitte à fouler aux pieds ses principes. Les blagues racistes d’Hortefeux ont fini par en excéder plus d’un. L’ex-garde des Sceaux, Rachida Dati, actuellement députée européenne, n’a pas hésité à le qualifier, en privé et devant certains ministres qui lui étaient proches, de «gros raciste». L’attaque contre le jeune militant maghrébin a provoqué une grande polémique en France.
La classe politique de l’Hexagone et les médias ont longuement commenté les propos du ministre français. Ce qui a poussé ce dernier à présenter ses «regrets» à la communauté musulmane lors du traditionnel Iftar organisé, au mois de Ramadhan, par le Conseil français du culte musulman (Cfcm). Devant ces faits en cascade, le tribunal correctionnel corrigera-t-il le ministre de la République?

 

Tahar FATTANI

 

http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-04-15/75366.html

Par Emin Zola
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 13:18

L'attitude de Brice Hortefeux dans l'affaire de Nantes a réveillé de nouvelles tensions avec la communauté musulmane française. Il est vrai que depuis 2007, les petites phrases stigmatisant l'islam ont fait florès. Le rappel de Nouvelobs.com.

 

"S'il y en a que ça gêne d'être en France, je le dis avec le sourire mais avec fermeté, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas". Cette phrase, prononcée par Nicolas Sarkozy lors d'un meeting de campagne pour l'élection présidentielle de 2007, est devenue l'une des grandes antiennes du sarkozysme. Plus souvent résumée en un désormais célèbre "La France, tu l'aimes ou tu la quittes", l'expression contient à elle seule l'essence de la politique de l'actuel chef de l'Etat en matière d'immigration et d'intégration. Il faut dire que le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur ainsi que son parcours pour accéder à l'Elysée avaient été marqués par des mots forts : la "racaille", le "Kärcher", le "mouton qu'on égorge dans la baignoire"… Le ton a donc été rapidement donné pour désinhiber les discours sur l'immigration et, tout particulièrement, celle en provenance du Maghreb. Si l'on y ajoute la promesse (tenue par la suite) de créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, force est de constater que s'est créé un climat de répression, à tout le moins de suspicion, envers une certaine catégorie de la population.

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L'UMP, calquant sa voix sur celle du chef de l'Etat, a suivi la même veine. Et l'on assiste depuis trois ans à des stigmatisations de l'étranger, plus ou moins marquées, qui vont jusqu'à diviser la majorité elle-même. Dernière polémique en date : l'affaire de Lies Habbadj. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a cru bon de demander à son collègue de l'immigration, Eric Besson, d'étudier une éventuelle déchéance de la nationalité française pour l'homme dont la femme a conduit sa voiture habillée d'un niqab. Quel motif ? L'homme serait polygame et, par le biais de ses quatre compagnes qui touchent l'allocation de parent isolé, fraudeur aux aides sociales. L'opposition et les commentateurs sont prompts à dénoncer les amalgames du ministre dans cette affaire et souligner les risques de "stigmatisation" de la communauté musulmane. Comment a réagi d'ailleurs cette dernière face à cette affaire ? "On sent une panique dans la communauté musulmane qui se demande jusqu'où ils (le gouvernement) veulent aller", a déclaré M'hammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de la Seine-Saint-Denis (UAM 93). Et d'ajouter : "Pour nous, il sera impossible de jouer le rôle d'intermédiaire entre le gouvernement et la communauté, car on se sent stigmatisés".

Et pourtant, il ne s'agit là que de la dernière affaire en date et un certain nombre de déclarations du même acabit émaille le débat politique français depuis 2007. La preuve en est : mardi 27 avril, François Fillon, en plein débat sur le projet de loi sur le voile intégral, a demandé aux députés UMP d'"éviter tout amalgame et toute stigmatisation" des Français de confession musulmane. Comment comprendre une telle mise en garde si ce n'est à l'aune des dérapages successifs de membres de la majorité ?

 

Un humour particulier…

Parfois distillées sur le ton humoristique, les petites phrases des politiques prononcées dans un contexte public prennent un tout autre écho lorsqu'elles arrivent sur la place publique. Brice Hortefeux (encore lui) en a fait récemment les frais. Lors de l'université d'été 2009 de l'UMP, le ministre s'adresse à un militant d'origine maghrébine et dit : "Quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". Une phrase qui lui vaudra des poursuites en justice et des explications très douteuses (selon lui, il parlait des Auvergnats).

Les députés ne sont toutefois pas en reste. Difficile de défendre le député UMP Francis Delattre lorsque, à propos d'Ali Soumaré, son adversaire socialiste et d'origine malienne aux élections régionales, il déclare : "Au début, j'ai cru que c'était un joueur de l'équipe réserve du PSG. Mais en réalité, il est premier secrétaire de la section de Villiers-le-Bel. Ça change tout!". Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, préférait alors botter en touche et parler du cas Georges Frêche au Parti socialiste...

Que dire encore de Gérard Longuet qui, interrogé sur la nomination éventuelle du socialiste Malek Boutih à la tête de la Halde, déclare avec le sourire : "Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur". Cette fois-ci, c'est le porte-parole du gouvernement Luc Chatel qui évoque, sobrement, une "maladresse".

 

Un point d'orgue : le débat sur l'identité nationale

Il ne s'agit là que de quelques exemples cités pêle-mêle. Mais un moment politique va être particulièrement fécond en signaux négatifs envoyés aux immigrés et à la communauté musulmane en particulier. Lorsqu'Eric Besson lance le projet d'un "grand débat sur l'identité nationale", plusieurs voix s'élèvent et mettent en garde contre les risque de voir se multiplier les dérapages racistes. Trop tard. Le mouvement est lancé et soutenu, officiellement, par le gouvernement et l'Elysée. S'enclenche alors une machine difficile à arrêter. Si le ministre de l'Immigration s'échine à y voir un bilan positif, force est de constater que le soi-disant débat a tourné à plusieurs reprises vers une stigmatisation des étrangers. Premier élu à se faire remarquer par des propos tendancieux : le maire UMP de Gussainville, commune de la Meuse de 19 habitants. Il déclare, dans un reportage du journal télévisé de France 2 sur le débat : "Il est temps qu'on réagisse, on va se faire bouffer". "Par qui ?", lui demande le journaliste. Et le maire de répondre en faisant référence aux immigrés : "Y'en a déjà dix millions. Dix millions que l'on paye à rien foutre".

Le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin y est aussi allé de sa réflexion qui a soulevé un véritable tollé : évoquant les suites d'un match Egypte-Algérie en novembre 2009, Jean-Claude Gaudin a parlé de "15.000 musulmans qui ont déferlé" sur la Canebière. Volée de bois vert pour l'élu de la majorité qui, à l'instar de ses collègues, a expliqué par la suite qu'il avait été mal compris, que son expression avait été malheureuse, etc.

La même défense sera utilisée par la secrétaire d'Etat Nadine Morano après avoir dit, toujours lors d'un débat sur l'identité nationale : "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers".

On entrevoit clairement le même mode de pensée chez le député UMP Jacques Myard lorsque, invité sur un plateau télévisé à parler du débat lancé par Eric Besson, il évoque "nos jeunes Gaulois" qui "ont autant de difficultés". Autant de difficultés que qui ? Les "non-Gaulois" ? Qui seraient donc qui ? Des catholiques blancs ? Jacques Myard avait alors précisé sa pensée en affirmant que "même ceux qui portent des noms français ont des difficultés". Une réponse qui a plus l'effet de jeter davantage d'huile sur le feu que d'éteindre les flammes...

 

Les minarets suisses inspirent

Le débat lancé par Eric Besson a donc clairement dérivé. Dérive encore davantage facilitée par l'actualité : à la fin du mois de novembre 2009, la Suisse vote à 57,5% pour l'interdiction des minarets. Un vote dans lequel l'Onu voit d'emblée "une discrimination évidente". Une mise en garde qui n'a toutefois pas empêché quelques politiciens français de s'exprimer de manière controversée sur la question. Sur ce terrain, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, s'est particulièrement distingué en déclarant "ne pas être certain" qu'on ait "forcément besoin de minarets" en France. D'autres propos émanant de la majorité seront plus sibyllins. Je "suis atterré par ce vote mais si on le faisait en France, on aurait peut-être le même résultat", avait lancé François Grosdidier, député UMP de Moselle. De même, le député Jacques Myard avait interprété le vote suisse comme un "excès" répondant à un autre "excès", en l'occurrence "des attitudes de prosélytisme des fondamentalistes radicaux islamiques". Et de conclure : "le seul moyen de rétablir des relations de tolérance est de bannir les signes tels que le port de la burqa et d'affirmer fermement les principes de laïcité, d'égalité des sexes et de dignité de la personne dans les sociétés multi-religieuses". La boucle serait donc bientôt bouclée ? On peut se permettre d'en douter…

(François Sionneau - Nouvelobs.com)

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100504.OBS3438/ces-mauvais-signaux-adresses-a-l-islam-de-france.html

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